Pendant 15 ans, j’ai presque complètement arrêté de dessiner. Pas par manque d’amour pour ça. Par peur.
Peur que ce soit moche. Peur d’avoir perdu la main. Peur de ne plus être à la hauteur de ce que je savais faire avant.
Et pourtant j’avais des bases solides : des cours de dessin-peinture de mes 10 ans jusqu’à la vingtaine, une vraie maîtrise technique. Mais je ne trouvais pas mon style, ni mon terrain d’expression. Alors j’ai arrêté.
Mes conseils pour reprendre le dessin quand on se sent rouillé
- Dessiner au feutre pour s’obliger à accepter le trait sans le corriger
- Pratiquer chaque jour, même cinq minutes, même sur un coin de page
- Ne pas se comparer, c’est le meilleur moyen de ne jamais se lancer
- Suivre un cours ou un atelier de dessin pour retrouver une structure et une dynamique de groupe
Il y a des créateurs à la technique irréprochable que j’admire sincèrement, mais leurs créations m’ennuient profondément. Et d’autres dont le trait est imparfait, et qui me font vibrer. La technique ne fait pas tout.
Des croquis du quotidien aux créations abouties
Je dessine beaucoup dans des carnets de croquis. Des choses simples, à partir de photos ou sur le vif. Ces dessins ne sont jamais un but en soi, seulement un moyen de pratiquer, de m’améliorer. Ils ne sont pas faits pour être montrés. C’est du travail.
Mais parfois, ils deviennent bien plus que ça.
Le dessin, un don ou une pratique ?
Beaucoup pensent que dessiner, c’est un don. Selon moi, c’est à la fois vrai et faux. Certains ont un petit avantage au départ, mais le vrai chemin passe par la pratique régulière et l’expérimentation. Sans exception.
C’est d’ailleurs ce que j’essaie de transmettre dans mes ateliers créatifs à Montesson, dans les Yvelines : qu’il n’y a pas besoin d’être « doué » pour se lancer et prendre plaisir à dessiner.
Comment j’ai repris le dessin, et ce que ça m’a appris
Quand j’ai décidé de m’y remettre, ça n’a pas été simple. Cours en ligne sur Domestika, retour dans une école d’art, et surtout : dessiner chaque jour, peu importe le résultat.
Au feutre, pour ne pas pouvoir corriger, pour apprendre à accepter le trait avec ses défauts. Ce qui comptait, c’est qu’on se dise « ah oui, c’est bien un oiseau. »
Petit à petit, j’ai retrouvé mes marques. Et surtout, je me suis re-découverte.
Des oiseaux au monotype
Mes croquis d’oiseaux et d’animaux sont devenus la base d’une série animalière géométrique. Ils ont d’abord nourri un travail en impression monotype, que j’ai relié pour en faire un recueil personnel, puis des créations interrogeant nos impacts environnementaux sur ces mêmes animaux.
Des poissons à la gravure
Mes dessins de poissons m’ont servi de point de départ dans mes cours de gravure, mais aussi lors d’un atelier découverte de la linogravure. J’ai choisi de réaliser le même poisson avec deux techniques différentes, pour observer comment chacune transforme le trait et s’éloigne plus ou moins du croquis d’origine. Un exercice que je recommande à tous ceux qui veulent progresser.
Dessiner au quotidien : jamais une perte de temps
Voilà ce que je retiens de tout ce chemin :
- Pas de talent sans pratique
- La technique ne fait pas tout
- Un croquis sans prétention peut devenir le point de départ de quelque chose d’inattendu
Dessiner des choses plus ou moins réussies au quotidien, c’est à la fois de l’entraînement et une source d’inspirations personnelles pour des créations originales.
Si vous avez envie de (re)prendre le dessin dans une ambiance bienveillante et sans pression, je vous invite à jeter un œil à mes stages et ateliers de dessin à Montesson, dans les Yvelines. On y travaille exactement dans cet esprit : expérimenter, pratiquer, se retrouver.
Vous avez une pratique créative que vous avez abandonnée ou que vous n’osez pas reprendre ? Je serais curieuse de lire votre histoire en commentaires.